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Technologie du net

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Comment gagner de l'argent en faisant travailler son ordinateur

Publié le 9 Février 2014 par Skero in Comparatifs & Tests

http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/node-story/blocerupters.jpg

 

Gagner de l'argent rien qu'en faisant travailler son ordinateur: l'essor des monnaies électroniques, dans le sillage du bitcoin, peut faire un peu rêver, surtout en période de crise. On a tenté l'expérience. La richesse à portée de clic? Pas pour tout le monde.

On le sait au moins depuis mars 2013, avec la flambée du cours du bitcoin (BTC) lors de la fermeture des banques chypriotes: les monnaies électroniques, ça n'a plus grand-chose de virtuel. Depuis que la création de l'énigmatique Satoshi Nakamoto sert de valeur refuge, de terrain de jeu aux spéculateurs, intéresse les Etats et permet même de payer son voyage dans l'espace ou sa bière, plus grand-monde n'oserait prétendre qu'elle ne sert qu'à acheter des substances prohibées sur SilkRoad – si tant est que ça ait jamais été le cas.

 

On a, fin novembre, beaucoup moqué James Howells, ce Britannique pris d'une frénésie de ménage qui a, par mégarde, jeté un disque dur contenant 7.500 bitcoins, soit l'équivalent de 4,8 millions d'euros. Une petite fortune désormais perdue dans les profondeurs de la décharge publique de Docksway, près de Newport. Il n'empêche: avant de provoquer la consternation de l'Internet mondial, Jamie avait tout de même eu le nez de «miner» du BTC à une époque où l'expérience ne mobilisait qu'une poignée de geeks hardcore.

Depuis l'essor (en dents de scie) du bitcoin, dont chaque unité pèse à l'heure actuelle plus de 800 dollars, près d'une trentaine de crypto-monnaies ont vu le jour. Allait-on, cette année encore, laisser passer ce train aussi prometteur que volatil et risqué, ou se décider enfin à tenter de gagner son pain à la sueur de son ordinateur? Un test s'imposait.

1. Choisir sa devise électronique

Toutes reposent sur un même principe: pour résumer à (très) gros traits [1], l'émission de monnaie est régie par un algorithme, et les nouveaux coins mis en circulation viennent récompenser la résolution, par les participants à un réseau de pair à pair, de problèmes mathématiques, incluant le travail de validation et d'archivage des transactions, lesquelles sont publiques [2]. Miner une crypto-monnaie revient à mettre la puissance de calcul de son ordinateur au service du réseau.

L'émission étant décroissante [3], le minage devient de plus en plus difficile avec le temps (et avec l'augmentation du nombre de participants): pour espérer «faire sa pelote» via la seule activité computationnelle, il faut soit avoir à sa disposition un gros parc de machines, soit être un «mineur» de la première heure. Exit donc le bitcoin, depuis longtemps hors de la portée d'un ordinateur personnel.

 

J'ai pareillement renoncé au litecoin et au peercoin, déjà bien lancés (ils datent respectivement de 2011 et 2012), pour jeter mon dévolu sur une des devises les plus récentes – et certainement la plus hype du moment : le dogecoin.

Comme son nom l'indique, «la crypto-monnaie préférée des Shiba Inus du monde entier» est un hommage au doge, l'un des mèmes les plus fameux de 2013, avec ses légendes en Comic Sans, la police de caractères la plus honnie du web. Une blague de geek, donc, sauf que – mystères insondables de l'Internet – sa valeur a bondi de 900% dans la troisième semaine de décembre, et qu'elle a subi un braquage de Noël en ligne.

Certes, à l'heure où ces lignes sont écrites, le dogecoin plafonne à 0,00023 dollar [4] – c'est assez ridicule (et assez déprimant), mais quitte à parier sur l'avenir, autant y aller franchement.

2. Les mains dans le moteur la planche à billets

À partir de là, les choses se corsent (un peu). Installer sur son ordinateur un porte-monnaie électronique n'est pas très compliqué (le logiciel est disponible pour Windows, MacOS, Android ou, pour les plus aventureux, en dépôt à compiler sous Linux). Il est aussi possible d'utiliser un porte-monnaie en ligne, mais c'est plus risqué (sauf, peut-être, quand on s'appelle James Howells). Quand on l'ouvre pour la première fois, le porte-monnaie se synchronise automatiquement avec le réseau Dogecoin (attention, ça peut être long), qui vous attribue une adresse de paiement (on peut en générer d'autres par la suite).

Les deux façons les plus courantes de miner de la monnaie électronique consistent à utiliser la puissance de calcul du microprocesseur de l'ordinateur (CPU) ou, plus efficace, celle du processeur de la carte graphique (GPU). Dans le premier cas, le programme est simple à installer; dans le second, il faut choisir le plus adapté à son matériel [5]. Il existe, heureusement, beaucoup de tutoriels en ligne. Reste que faire marcher la «planche à coins» nécessite dans tous les cas de troquer le confort de l'interface graphique pour l'aridité, si déroutante au profane, des lignes de commande – on n'a rien sans rien.

Enfin, au travail en solitaire, on préférera la collaboration. Le minage se pratique mieux en groupe, ou plutôt en pool: on y répartit les gains, certes, mais aussi la difficulté. Pour le dogecoin comme pour toutes les crypto-monnaies, les pools sont nombreux. Un petit tour du côté d'une section dédiée du site communautaire Reddit peut aider à faire son choix.

3. Extension du domaine de la lutte

Et après? Après, on peut se reposer, puisque c'est la machine qui travaille. Mais la vérité d'une crypto-monnaie – même aux taux de mignoncité et de LOL particulièrement élevés du Shiba Inu – est cruelle et brutale: tous les ordinateurs ne sont pas égaux. Ou plutôt, certains sont plus égaux que d'autres. Car pendant que vous ferez chauffer votre CPU ou votre carte graphique pour grapiller quelques malheureux coins, d'autres rafleront la mise grâce à des circuits intégrés spécialisés, aux capacités de computation bien supérieures.

Si le jeu de l'achat et de la revente de coins n'est au fond qu'un mécanisme boursier comme un autre, moins l'intervention des banques centrales – ce qui est tout leur enjeu, et la grande question politique qu'elles posent: est-on certain de préférer la spéculation «pure et parfaite» aux politiques monétaires, si contestables soient-elles?–, la production, elle, relève de la loi du plus fort (en calcul). Il existe même des armes fatales à 10.000 dollars pièce, auprès desquelles vos processeurs font figure de moustiques face à une bombe A.

Et si vous pensez que ce n'est pas bien grave puisqu'après tout, ça ne vous coûte rien, détrompez-vous: les composants, comme les humains, s'usent plus vite quand ils travaillent à plein régime, et la facture d'électricité peut rapidement s'allonger. La profitabilité de l'affaire est tout sauf certaine, ainsi qu'en attestent les résultats des calculateurs en ligne. (Inutile de préciser que notre riant dogecoin ne résiste pas à ce genre de simulation.)

Beaucoup plus ennuyeux, d'un point de vue collectif: l'empreinte carbone, actuelle et surtout anticipée, des monnaies électroniques inquiète de plus en plus. Au printemps dernier, Bloomberg avait évalué que la consommation énergétique du réseau Bitcoin équivalait à celle de 31.000 foyers américains. Pas sûr, d'après le site, que leur émission soit moins dommageable à l'environnement que ne l'ont été certaines monnaies physiques.

Pour passionnante à analyser que soit l'émergence des crypto-monnaies, mieux vaut donc s'interroger dès maintenant sur leur coût, économique et écologique. Quant à y voir une potentielle source de revenus, sauf à être un very early adopter au nez creux, un individu fortement doté en capital computationnel ou un trader malin, il faut se faire une raison.

Si la comparaison, récurrente, avec la fameuse «pyramide de Ponzi» [6] se discute (après tout, les monnaies décentralisées ne font pas de promesses), reste que, tant que la valeur ne s'effondre pas, le système profite surtout aux premiers entrants – sauf James Howells.

Comme le précise pertinemment le site Bitcoin.fr: tout ceci n'est qu'une expérience, «n'y investissez que le temps et l'argent que vous pouvez vous permettre de perdre». L'amour du LOL n'étant pas une raison plus mauvaise qu'une autre pour expérimenter, j'ai, au final, soumis mon ordinateur portable à quatre jours et trois nuits d'activité intensive, ce qui fait de moi l'heureuse propriétaire d'un bon demi-millier de dogecoins. Soit l'équivalent de 0,115 dollar, ou de 0,08 euro. Ça ne vaut évidemment pas l'électricité consommée pour les générer, ça alourdit mon empreinte carbone, mais ça amuse mon entourage. Or le rire est, comme chacun sait, une valeur sûre en temps de crise, moins volatile qu'un vrai bitcoin.

Et puis, après tout, on ne sait jamais...

 

Amaelle Guiton

1. Pour des explications plus fournies (l'affaire est assez complexe), se reporter, par exemple, à la série de billets très détaillés qu'y a consacré le blogueur Turblog.

2. Et à ce titre consultables par tout un chacun. C'est l'identité des utilisateurs qui n'est pas connue, sauf s'ils la révèlent, d'où la réputation d'anonymat (relatif, donc) des crypto-monnaies.

3. Dans le cas du bitcoin, le maximum de 21 millions d'unités devrait être atteint aux alentours de 2140.

4. Pour un suivi au jour le jour, voir le site CoinMarketCap qui recense les taux d'échange des crypto-monnaies, basés sur la valeur en dollars du bitcoin.

5. On découvre alors, hélas, que certaines cartes graphiques ne permettent pas le minage. C'est le cas pour l'auteure de ces lignes, réduite à œuvrer dans des conditions de dénuement informatique extrêmes.

6. Comparaison qui est au cœur d'un billet hilarant sur le «ponzicoin», signé du journaliste économique Matthew O'Brien, sur The Atlantic (à lire si vous comptez sérieusement investir dans le dogecoin).

 

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pharaon 24/02/2014 16:52


Bonjour,


 


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