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Technologie du net

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Comment créer son propre site sur le deep web… mais pourquoi ?

Publié le 21 Mars 2014 par Skero in Réseaux Sociaux

http://www.atlantico.fr/sites/default/files/imagecache/Une/ordi_3.jpg

 

Nul ne se doute de tout ce qu'il est possible de trouver sur la partie immergée de la toile... Des trafics en tout genre aux intranet des entreprises, 70 % de l'Internet n'est pas indexé sur les moteurs de recherche.

 

Atlantico : Le deep web est la face cachée d'internet : les pages ne sont pas atteignables par un moteur de recherche. Quelle manœuvre un internaute doit-il réaliser pour se rendre sur cette partie immergée de la toile ?

Damien BancalIl existe plusieurs possibilités. D'abord, la plus simple, connaître ladite adresse. L'auteur du site l'aura diffusée à ses initiés. Ensuite, l'adresse en main, vous ne pouvez pas en faire grand chose. Il faut utiliser le logiciel TOR pour activer les adresses. Ici, il ne s'agit pas d'adresses de type http://www.atlantico.fr mais xxxxxxxxx.onion. Le site Tor2web.org permet de visiter un site Onion sans avoir installé Tor. Il suffit de mettre l'adresse Onion avant l'url de Tor2web : xxxxxxxxx.onion.tor2web.org 

Autre possibilité, les moteurs de recherche dédiés aux adresses Onion comme Tor Search (https://kbhpodhnfxl3clb4.onion.to) ou encore https://ahmia.fi/search. 

Il faut rappeler que le Deep Web, ce n'est pas  seulement Onion Tor. Un espace web hébergé en Uruguay par exemple, chiffré, accessible uniquement via un mot de passe, en bloquant le référencement et les IP des visiteurs non autorisés est déjà du Deep Web.

Michel Nesterenko : Il existe deux parties d'Internet. La première est le territoire accessible par tout un chacun, gratuitement, avec les navigateurs et moteurs de recherche usuels. La deuxième partie est accessible grâce à des clefs ou codes distribués après habilitation et ou abonnement. C'est dans cette deuxième partie privée que nous trouvons les réseaux internes des entreprises. Pour accéder à la deuxième partie il faut obtenir préalablement des codes plus ou moins complexes qui correspondent à une certaine forme de cryptage. 

Est-il compliqué d'y créer son site internet ? S'y prend-on de la même façon que sur la partie visible du web ?

Damien Bancal Comme pour un site web, cela demande un peu de temps et de réflexion. Il faut héberger le site sur un ordinateur qui servira de stockage. Ensuite, il suffit de le relier au réseau Tor Onion. Tor Onion fournira une adresse, de type xxxx.onion, qui dirigera les visiteurs vers l'espace anonyme créé. Les internautes ne pourront pas découvrir le site sans y avoir été invités par son propriétaire. Bien évidement, si cette  adresse est référencée, diffusée publiquement, la discrétion ne sera plus assurée. Mais la force du réseau Tor Onion est de rendre "anonyme" l'auteur du site, sa situation géographique...

Un détail à ne pas oublier, dans certains cas les adresses IP sont sauvegardées (logguées), comme par exemple si vous utilisez le site Tor2Web. Une sauvegarde pour des questions techniques, mais du coup elles constituent des traces numériques et une identité d'une machine, celle du visiteur. Je conseille d'utiliser en plus de TOR, une adresse VPN. Le VPN (Vyprvpn, ...) permet de chiffrer toutes les informations entre le site, l'hébergeur, l'internaute et le fournisseur d'accès... et d'éventuels espions qui s'installeraient dans le cheminement des données. Les communications deviennent illisibles pour un espion.
  

Quel est l'intérêt de créer un site sur le deep web plutôt que sur la face visible de l'Internet ?

Damien Bancal : Pour les réfugiés politiques, les journalistes évoluant sur des terrains ou les droits de l'Homme et de la Presse sont bafoués, cela permet de cacher des informations sans qu'elles ne puissent être retrouvées. Cela permet aussi de chiffrer les données, de surfer d'une manière "presque" anonyme.

Pour les criminels, qui ont malheureusement compris l'intérêt d'un tel outil, c'est clairement installer leur business, sans laisser de trace. 

Un internaute qui crée un site sur le deep web encoure-t-il des risques? Est-ce légal ?

Damien Bancal : Si ce dernier souhaite cacher des informations qu'il va rendre disponible uniquement à certains de ses amis, membres de sa famille, collègues de travail, non, la loi n'interdit pas de le faire. Il protège ses données et ceux qui peuvent y accéder.

Si, par contre, il commercialise drogues, armes, outils de piratage, données bancaires volées, là, oui c'est illégal. Il exploite une excellente idée à des fins criminelles.

Comment expliquer qu'en ces temps de surveillance numérique généralisée, toute une partie de la toile puisse ainsi échapper à tout contrôle ?

Damien Bancal : Que ce soit Tor Onion, un forum ou un site qui sécurisent et contrôlent leurs entrées/sorties d'informations, il est important de se dire que la cyber surveillance n'est pas effective à 100 %. Face au chiffrement des données et à la grande difficulté de remonter à une source Onion, les autorités voient d'un très mauvais œil cet outil incontrôlable... mais pas imperméable. Il existe des astuces pour "tenter" de remonter à la source d'un site Onion et à ses utilisateurs.

Le FBI l'a prouvé, en octobre 2013, en fermant la boutique d'un dealer, Silk Road, ou encore en août 2013 avec la fermeture d'un hébergeur de site TOR Freedom Hosting. En 2007, un chercheur en sécurité informatique suédois avait mis la main sur des informations du Dalaï Lama et d'ambassades en mettant en place des serveurs Tor. Les machines "lisaient" les informations qui transitaient par elles. Les utilisateurs avaient oubiée de chiffrer leurs communications !

Michel Nesterenko : Le deep web suit l’évolution naturelle de l'informatique en complexité et en capacité. Il faut s'attendre à un développement très fort de la protection des données, de toute sorte et de toute nature, par l'utilisation généralisée de la crytographie. L'espionnage tous azimuts de la NSA et autres services secrets étatiques ne s'arrêtera jamais et n'empêchera pas les entreprises de fonctionner, ni les ados d'échanger des informations privées de nature sexuelle en faisant fi de l'impact futur. La criminalité sur internet va prendre une ampleur extraordinaire car les services de police étatiques auront toujours un train de retard. C'est là le grand enjeu de demain : comment endiguer la criminalité organisée sur internet.

Propos recueillis par Marianne Murat

 

 

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